Dimanche 20 décembre, 15h30 : première représentation d’un spectacle longtemps porté, longtemps attendu : LE NEZ, d’après la nouvelle de Nicolas GOGOL.
Michel est seul en scène.
Les prospectus avaient été écrits à ma main et signés d’un certain « Kovaliov Andreïevitch ». Là, point de « Théâtre du Caucase » : on était encore au « Théâtre de marionnettes Merveilleux et populaire ». Un tampon assurait : « version non censurée par l’administration tzariste ».
Le spectacle s’intitule exactement LE NEZ ou l’art de la perte.
Le programme nous en apprend un peu plus.
C’est peu dire que ce spectacle avait pour Michel une importance toute particulière et que celui-ci y mit un soin remarquable.
Tout fut écrit, codé, filé. Prospectus, affiches et programme furent le fruit d’une long travail et d’une collaboration mémorable avec Bernard LEBOEUF. Michel rédigea un Argumentaire du spectacle, lequel fut imprimé, relié (format A5, 46 pages annexes comprises) et mis à la vente. Il débute ainsi :
« Ce spectacle est dédié à tous ceux, à toutes celles, qui jeunes ou vieux, pour être, ont fait l’expérience douloureuse de l’étrangeté à eux-mêmes ; qu’il leur dise qu’au delà de la lutte éprouvante contre l’étranger en eux, il est possible de se trouver.
Aux autres, qu’il montre que certains passent par l’anormalité, que c’est ainsi, et qu’ils ne les comprennent pas, qu’ils aient sur eux un regard bienveillant. Dans le pire des cas, un regard neutre.
Qu’ils s’abstiennent de juger, car celui se recherche sait sa différence et en souffre ; il sait qu’il ne peut être ni avec lui même, ni avec l’autre, il sait son insondable solitude, et cela est suffisant dans cette épreuve. »
Autre signe que ce spectacle revêtait à ses yeux une valeur spéciale, Michel fit appel à un photographe professionnel : Jacques Fournier. Michel avait conçu les éclairages du Nez comme de « grands coloriages », et Jacques Fournier immortalisa ces éclats de couleurs.
Mais Jacques fit bien plus : il photographia également Michel en scène : autrement dit Kovaliov Andreïevitch, sous les projecteurs, marionnettes en main, aux prises avec sa folie. Enfin, un tirage papier de cette « retranscription photographique » prit place dans une – précieuse – boîte, aux côtés des documents de Bernard et du « scénario et descriptif » de Michel.
Ce sont ces – magnifiques – photographies que nous présentons ici. Avec l’aimable autorisation de Jacques Fournier, son temps et son savoir-faire pour leur restauration. Qu’il en soit ici sincèrement et chaleureusement remercié.

















à jamais dans ma mémoire, salut Michel
Cet être hors normes a changé ma vie pour toujours. Il reste à jamais dans mon coeur même si la vie nous a séparés. mon émotion ne me permet pas d’écrire tout ce je voudrais. j’ai une pensée pour son mari que je ne connais pas et pour sa soeur Jeanne avec laquelle j’ai traversé des inquiétudes. RIP