Note pédagogique à l’intention des étudiants et étudiantes de la promotion 1991-1993.
Pour vous occuper de l’enfant, de l’enfant des autres, de l’enfant que l’on confie à vos soins, que l’on vous confie, vous avez au préalable, à faire le point de votre état actuel de conscience ; car c’est sur votre lucidité franche avec vous-même, sur les questions de la vie, de la réussite, de vos valeurs, de vos choix d’existence, que se construira votre nature pédagogique, avec ses caractères et ses choix.
Clarifier cela sera un premier point de travail entre nous, pendant votre formation : une nécessaire introspection dans la perspective d’un service pédagogique honnête, parce que clair dans ses engagements et ses finalités.
Par ailleurs et en même temps, j’attends de vous une curiosité nouvelle et un esprit en éveil sur les multiples champs de questionnement, d’interrogations, de questions inédites encore que ne manquera pas de vous poser le métier pour lequel vous vous formez, et qui est avant tout une relation humaine entre vous et de petits inconnus.
L’essentiel de votre tâche sera de les mettre en route le mieux possible, ce qui ne veut rien dire à priori, car chacun a sa route et le mieux de l’un peut être le pire de l’autre. C’est sur votre subtilité inventive, bienveillante et compréhensive qu’il faudra compter pour œuvrer.
Il faudra créer des liens, inventer des solutions, imaginer, avoir une souplesse d’accueil, lutter contre les préjugés, combattre les idées préconçues, résister à l’injuste, laisser s’exprimer et écouter celui ou celle dont vous vous occuperez. Ce décryptage des signes disparates par lesquels il communiquera avec vous, vous demandera de la vigilance, de l’ordre et de la méthode, au risque, étant désordonnée ou insensible aux différences, de conduire chacun ou chacune selon de mêmes grilles d’analyse, au risque de passer à côté de ce qui fait que chacun est un, que chacun est unique dans sa nature et dans sa vocation à la vie.
Votre métier est de compagnonnage, d’anciens vers des nouveaux.
Eduquer c’est permettre à chacun de gérer positivement sa nature pour son bien et dans le respect du bien de l’autre, différent de lui-même, pacifiquement et humainement.
Être éducateur, éducatrice de jeunes enfants n’est pas être fonctionnaire, vous n’avez pas de « rôle d’EJE » à jouer, mais être attentif, attentives, disponibles à l’apprentissage de la vie enrichissant des enfants futurs vers lesquels vous avez choisi de vous tourner.
Grave et joyeuse responsabilité. Par vous la terre peut s’améliorer, et un avenir plus juste et plus serein s’envisager, se construire. C’est finalement ce qui compte.
Michel. Pelet
1 Septembre 1991