Le texte qui suit a été écrit par Florence Felgeyrolles pour la cérémonie du mercredi 3 août 2022 qui s’est déroulée au Funérarium de Grammont à Montpellier, et fut lu par elle ce jour-là. Nous le reproduisons ici avec son autorisation.
Florence Felgeyrolles est une nièce de Michel. Elle est une fille de Catherine, la petite sœur de Michel. Elle est la troisième d’une fratrie de cinq enfants : Marie, Vincent, Florence, Magali, Thérèse. Elle est née le 11 aout 1976. Elle est la maman de Mathilde, d’Auguste et de Charline.
Florence a grandi avec ses frères et sœurs en Auvergne, près de Clermont-Ferrand. En dépit de cette distance, et le caractère donc ponctuel (bien que régulier) de leurs rencontres, il y a toujours eu entre Michel et Florence un lien d’attachement très fort : une relation de connivence, de complicité, de compréhension mutuelle.
Ce texte nous parle de l’affection indéfectible de Florence pour Michel. Il nous parle de Michel le fantaisiste, amuseur familial numéro un, farceur hors concourt, champion de la transgression hilarante, tonton-clown léger comme une plume et drôle comme personne. Ce texte nous parle aussi de Michel l’empathique, le fidèle, le loyal ; Michel qui savait écouter et entendre, et garder comme en un inviolable coffre-fort les secrets qu’on lui venait confier.
Ce texte nous parle aussi de ce temps passé où la famille se réunissait régulièrement autour de « mémé », à Mailhan, près de Nîmes. Souvenirs heureux.
Comme me l’a écrit après sa mort sa cousine Babette : « Michel avait le sens de la famille ». Ce texte en est une très belle preuve.
« Je ne pensais pas vous voir cet été…. Cette année encore… Le temps passe et on se perd.
J’avais l’idée de lire le comte de boucle d’or et les trois ours mais c’est trop long et pas approprié
Michel,
Je t’ai aimé depuis toujours je crois que mes premiers souvenirs sont les spectacles de marionnettes avec séances ou scénettes spécial famille ! La magie du spectacle, de la musique…
Bien sûr après je me souviens des nombreuses fois chez mémé ! À chaque fête de famille il fallait faire des œufs mimosas et « Est-ce qu’il faut racheter des glaces ? »
En hiver mémé s’assurait qu’il y ait toujours de la crème de marron. « Michel vient il voudra de la crème de marron… »
Une fois pour s’amuser où tu avais décidé d’être un sultan, j’étais ta servante avec mon petit tablier rose, je te devais respect et services… Tu me faisais faire n’importe quoi !
Plus tard aussi lorsque je venais seule chez mémé et que tu venais…
On était allés avec Jean Luc rendre visite à Juliette Vigier…
Je me souviens d’une sortie à Nîmes où tu arrêtais les gens dans la rue en disant : » c’est ma maman ! «
Ça me faisait beaucoup rire…un peu moins mémé qui ne savait plus où se mettre…
D’ailleurs tu m’as toujours faite rire… Les coups de téléphone chez mémé où tu faisais la standardiste en prenant la voix de Michou … Une autre fois où nous avions suivi une femme en voiture juste pour s’amuser…
Elle allait à la patinoire !
Quel charisme, quel personnage tu étais.
Adulte j’ai eu la chance de continuer à te voir régulièrement, d’assister aux spectacles de Noël, et aussi d’y amener mes enfants…. On te rendait visite, on Vous rendait visite …
Cette fois où vous étiez venus nous voir à l’appart de Babette au grau et que tu balançais du balcon le carton de la pizza qu’on venait de partager… Tout ça pour faire rire mes enfants !
Mais tu ne m’as pas seulement faite rire …
Tu m’as soutenue et particulièrement ces 8 dernières années … Mes épisodes quelque peu chaotiques de ma vie et ma vie sentimentale aussi…
Présent pour me soutenir dans les moments difficiles, à l’écoute et de bons conseils…
Toujours le mot pour me faire rire encore et toujours…
Je ne cherche pas à dresser le portrait d’un homme parfait … je sais que comme nous tous tu avais tes défauts, et Jean Luc pourrait certainement en témoigner… Mais pour moi tu étais mon oncle chéri !
Je ne sais pas si nous sommes les marionnettes d’un quelconque Dieu ou si un destin est tracé mais pour l’heure Le Marionnettiste a décidé de te sortir de scène…
La clim était installée, la douche à l’italienne aussi, tout était prêt… Tu devais rentrer…
Bien sûr nous ne sommes pas prêts… Ni à ce que tu sortes de scène ni à oublier la personne que tu étais : un homme au grand cœur…
Ton grand cœur s’est arrêté de battre mais sache que tant que le mien battra je continuerai à penser à toi, rire de mes souvenirs et t’aimer encore… «

