Le texte que nous reproduisons ici n’a pas été écrit par Michel Pelet. Ce texte est la recension d’un atelier animé par Michel Pelet, le mardi 12 octobre 1993, lors des 10 ème journées de perfectionnement de la FNEJE, organisée cette année là à Montpellier (au Corum). Ce texte est anonyme et extrait de : FNEJE, 10eme journées de perfectionnement : Cultures et créativité dans la relation éducative, Montpellier, 11, 12, 13 octobre 1993, pp. 159-161.
Pour une pédagogie de l’imaginaire avec les très jeunes enfants.
1ere partie sous forme de conférence
Mr. Pelet a d’abord donné une définition de l’imaginaire comme l’un des plans nécessaires à la vie psychique et relationnelle de l’être humain :
- Le plan de l’« Esprit » : le mental
- Le plan de l’« Ame » : sensibilité intérieure
- Le plan imaginaire
- Le plan relationnel
Puis une définition de l’imaginaire :
- Ce qui n’a pas de réalité
- Plus, ce qui n’a pas de réalité, encore
- Plus, ce qui ne doit plus avoir de réalité du tout.
Il propose une réflexion sur le fonctionnement imaginatif, car en effet, il faut que le sujet imagine, sinon l’imaginaire n’est rien, et sur l’intérêt de cette fonction. Selon lui, elle est la condition de la créativité, en tant qu’imagination conciliée à un principe de réalité, et par là même, permet un renouvellement possible des situations et des consciences, et ne peut être dissociée des considérations éthique et morale. […]
Donc, comment promouvoir l’individu avec une capacité imaginative pour reprendre le dessus sur une humanité digne de l’humain ? Comment favoriser le développement de l’imaginaire, s’identifier ? se connaître, se différencier, dans les pratiques éducatives ?
Puis, son exposé devient un vibrant plaidoyer face à la misère culturelle et au collectivisme qui règne encore dans trop d’institutions.
- Au placement de plus en plus précoce dans les institutions.
- A la pression sociale visant une adaptation prématurée des enfants au milieu scolaire.
- A la résistance institutionnelle à la relation éducative, intime, individualisante de l’éducateur ave l’enfant, nécessaire à l’ouverture de l’enfant sur son imaginaire, lui-même, et celui des autres.
Pour cela, il nous invite à repenser notre fonction d’Educateur de Jeunes Enfants aux sources de la pédagogie active dont les pionniers (Rousseau, Froebel, Itard, Decroly, Freinet, etc.) ont tracé les axes autour du principe selon lequel l’éducation considère l’enfant comme principal acteur de son processus de développement.
Constatant l’espace non exploré de la petite enfance pour les pédagogues, et les apports modernes des recherches contemporaines sur la connaissance de l’enfant, il nous invite à élaborer un discours pédagogique encore non existant pour eux.
Il propose des pistes.
- Comment repérer les fonctions imaginatives
- Comment leur donner les moyens d’exercer leur maturité,
non pas uniquement dans des perspectives symboliques, mais aussi dans un cadre qui lui convient, en considérant l’enfant comme un sujet désirant, indépendant, autonome, créatif au sein de la communauté d’enfants.
La 2e partie se veut être une illustration de ces idées par un travail de recherche effectué par des étudiants de l’IRTS.
L’objectif est dans un premier temps :
- Réalisation de jeux / jouets d’activité imaginative sur proposition de quatre thèmes :
- La maison de poupée
- La ferme
- Le cirque
- Le petit théâtre de marionnettes
Il s’agit de restaurer la créativité éducative et rendre les éducateurs responsables de l’élaboration, et la construction du matériel pédagogique :
- D’élaborer des objets transportables
- De s’impliquer dans sa créativité personnelle, avec sa sensibilité, en utilisant la richesse de propositions sensorielles diverses.
En sachant que le jeu est une jouissance pour l’enfant et qu’il s’exprime sous forme de tâtonnement exploratoire.
Il nous est alors donné d’admirer ces réalisations dont la facture et l’esthétisme dénotent, c’est le moins qu’on puisse dire, avec les jeux standardisés du commerce tels clips, lego et autre poupées Barbie, puis de se faire expliquer le contexte du champ de recherche de ces jouets par les étudiants.
Dans la 3eme partie, les étudiants nous relatent deux mises en situation de ces jouets en présence de l’éducateur, dans un lieu à part, isolé du groupe d’enfants.
Les enfants ont : pour l’un : 10 ans, hospitalisé, pour l’autre : 4 ans, à l’école maternelle.
Ces enfants ont construit avec le jouet comme support, un jeu riche d’imagination et de sens pour l’oreille attentive et bienveillante de l’éducateur.
Puis il y a eu un débat de type contradictoire :
- Sur la nature même de ces jeux : sont-ils vraiment adaptés à des tout petits ? par exemple,
- Et sur le bien fondé du face à face de l’enfant et l’éducateur isolé du groupe d’enfants, comme une alternative radicale à la situation actuelle mise en cause pour les crèches, en tout cas pour ce qui concerne l’imagination porteuse de l’émergence d’une parole propre à l’enfant.